L’airial

L’airial désigne, dans les Landes de Gascogne, une clairière au cœur du massif forestier, regroupant quelques maisons et leurs dépendances (grange, bergerie, poulailler…).

Étymologie

Airial est un terme francisé issu du gascon airiau1. Il est exclusif des Landes. Son étymologie latine est area, aire; occitan : airal, aire, espace vacant, terrain autour d’une maison. Une interprétation fantaisiste fait dériver le terme du grec aer : air, au prétexte que l’airial favoriserait la circulation de l’air entre étables et tas de fumier .

Présentation

Le paysage de l’airial tranche avec celui de la forêt des Landes : les pins cèdent la place à un espace de pelouse ouvert sur lequel se dressent quelques chênes, souvent centenaires. Les airiaux d’un même village constituent ce que l’on appelle le « quartier », petit hameau isolé et à l’écart du bourg. L’airial est jusqu’au début du XXe siècle la terre communautaire de ces « quartiers », autour de laquelle s’organisent les oustaus (maisons landaises) des différentes familles de la communauté (maison du maître, des métayers, du meunier), leurs multiples dépendances, (porcheries, granges, bergeries, hangars à charrettes), four, puits (à balancier ou à crochet), poulaillers haut perchés pour maintenir les bêtes à l’abri des prédateurs et le tas de fumier. Planté de feuillus (chênes tauzins, châtaigniers, arbres fruitiers) et parfois d’un pin parasol symbolisant la propriété, il est ouvert à la circulation des hommes mais aussi des animaux de la ferme qui le fertilisent : les vaches qui y paissent tandis que les volailles, pintades et dindons y circulent en liberté. De par sa position, l’airial est le centre des opérations communautaires : « tuaille » du cochon, cuisine du boudin, des tripes, travaux autour de la machine à vapeur et de la batteuse des dépiquages, festivités autour du feu de la Saint-Jean 5. Du temps de la lande dénudée, il pouvait être perçu comme un îlot de boisement sur zone drainée au milieu de la lande marécageuse et désertique. C’est en raison de cette situation favorisée que s’y installent de petites communautés, développant un mode de subsistance fondé sur le système agro-pastoral. Les champs, bordés de crastes, s’ordonnent autour de l’airial : ils sont cultivés sur des terres sableuses naturellement drainées (landes sèches) et fertilisées par le fumier des brebis landaises qui se nourrissaient de la végétation environnante (voir pastoralisme). Ce modèle agricole commence à péricliter avec la loi du 19 juin 1857, qui favorise la plantation systématique des landes communales en pins maritimes, pour disparaître au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Références

  1. Jean-Jacques et Bénédicte Fénié, Dictionnaire des Landes, Éditions Sud Ouest, 2009, 349 p. (ISBN 978-2-87901-958-1)
  2. Louis Alibert, Dictionnaire occitan-français, nouvelle édition, Toulouse, Institut d’études occitanes, 1977, pp. 87-88.
  3. Paul Fénelon, Vocabulaire de Géographie Agraire
  4. Dictionnaire de la Lande Française, Charles Daney, Éditions Loubatières
  5. L’Almanach du Landais 2008, Éditions CPE

Publié le 3 août 2011, dans Patrimoine. Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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